Tiques chez le chien : maladies transmises, retrait et prévention

Les tiques ne provoquent pas qu’une simple piqûre : elles peuvent transmettre au chien des maladies graves, parfois mortelles.

Dr William Bordeau

Cabinet VetDerm — Maisons-Alfort (94)

En partenariat avec le laboratoire Boehringer ingelheim

Tiques chez le chien : maladies transmises, retrait et prévention

La meilleure protection associe une prévention antiparasitaire régulière, une inspection du pelage après chaque sortie à risque, et le retrait rapide et correct de toute tique trouvée. Voici comment reconnaître le risque, retirer une tique sans danger et prévenir les piqûres.

1 Quelles tiques touchent le chien et où les trouve-t-on ?

Plusieurs espèces de tiques parasitent le chien selon les régions. Les milieux à risque sont les herbes hautes, les lisières de bois, les sous-bois, les broussailles et les prairies, mais aussi les jardins et les parcs urbains. La tique ne saute pas : elle grimpe sur son hôte au passage.

Une fois sur le chien, elle gagne une zone à peau fine, tête, oreilles, cou, espaces entre les doigts, aine ou aisselles, et s’y fixe pour se gorger de sang. Gorgée, elle ressemble à une petite verrue grise ou brunâtre, ce qui peut tromper le propriétaire.

Toutes les régions ne présentent pas le même risque, ni les mêmes espèces, et la fréquentation de certains milieux pèse plus que d’autres. Un chien qui parcourt prairies et sous-bois s’expose davantage qu’un chien strictement urbain, mais aucun n’est totalement à l’abri : les tiques colonisent aussi les pelouses, les haies et les coins ombragés des jardins.

2 Quand le risque est-il le plus élevé ? La saisonnalité des tiques

L’activité des tiques culmine au printemps et à l’automne, lorsque le temps est doux et humide. Avec le réchauffement du climat, elles restent toutefois actives une part croissante de l’année, y compris lors des hivers doux.

Le risque dépend de la région, du climat et du mode de vie : un chien de chasse, de randonnée ou vivant à la campagne est plus exposé. En pratique, la prévention se raisonne souvent en continu, et non seulement durant l’été.

Concrètement, le risque ne se limite plus à quelques mois : il s’étend désormais sur une grande partie de l’année dans beaucoup de régions. Mieux vaut donc raisonner en fonction de l’exposition réelle de votre chien que d’un calendrier figé, et faire le point chaque année avec votre vétérinaire.

3 Quelles maladies les tiques transmettent-elles ?

En se nourrissant, la tique peut inoculer des agents responsables de maladies parfois sévères : piroplasmose, encore appelée babésiose, maladie de Lyme ou borréliose, ehrlichiose et anaplasmose, entre autres. Ces affections peuvent provoquer fièvre, abattement, perte d’appétit, anémie, urines foncées, boiteries ou douleurs articulaires.

Un point est déterminant : la transmission demande généralement un certain temps de fixation de la tique. Retirer la tique rapidement réduit donc nettement le risque, même s’il ne le supprime pas totalement.

Ces maladies ne se déclarent pas toujours immédiatement : un délai de plusieurs jours à plusieurs semaines peut séparer la piqûre des premiers signes. Une fièvre inexpliquée, une grande fatigue, une perte d’appétit, des urines anormalement foncées ou une boiterie apparue sans cause évidente doivent faire penser à une maladie transmise par les tiques, surtout après une exposition récente.

4 La piroplasmose : une urgence à reconnaître

Parmi les maladies transmises par les tiques, la piroplasmose est la plus redoutée en France. Le parasite, une fois inoculé, détruit les globules rouges du chien, ce qui peut conduire à une anémie sévère. Les signes apparaissent en général de quelques jours à environ trois semaines après la piqûre, parfois brutalement.

Trois signes doivent alerter sans attendre : un abattement marqué, une fièvre, et surtout des urines anormalement foncées, brunes ou orangées. Devant ce tableau, surtout après une exposition aux tiques, la piroplasmose est une urgence vétérinaire : il faut consulter immédiatement. Pris tôt, le chien se rétablit le plus souvent grâce à un traitement spécifique ; un retard, au contraire, peut engager le pronostic vital. Avoir déjà eu la maladie ne protège pas pour l’avenir, ce qui rend la prévention d’autant plus importante.

5 Comment retirer une tique correctement

Le bon outil est le crochet à tiques, ou tire-tique, choisi à la bonne taille. On glisse le crochet sous la tique, au plus près de la peau, puis on tourne doucement pour la dévisser, sans tirer brutalement.

Ce mouvement de rotation est la clé : il libère le rostre, la pièce buccale ancrée dans la peau, sans le casser. Quelques tours suffisent en général à détacher la tique entière. Travaillez sans précipitation, à la lumière, et choisissez la taille de crochet adaptée à celle de la tique, petite ou grosse.

Certains gestes sont à proscrire formellement. Il ne faut ni écraser ni presser le corps de la tique, car cela la fait régurgiter dans la plaie. Il ne faut pas non plus chercher à l’endormir ou à l’asphyxier avec de l’éther, de l’alcool, du vernis, de l’huile ou une flamme : ces méthodes augmentent le risque de transmission. Après le retrait, vérifiez que la tête est bien partie, désinfectez la zone et lavez-vous les mains. Surveillez ensuite le point de piqûre et l’état général de votre chien dans les jours et les semaines qui suivent.

Si un petit morceau de rostre reste planté dans la peau, ne creusez pas pour l’extraire : désinfectez et laissez la peau l’éliminer, en surveillant l’apparition d’une rougeur ou d’un bouton. En cas de réaction locale marquée, ou si la tique était profondément implantée, votre vétérinaire vérifiera et nettoiera la zone. Garder un tire-tique dans la trousse de promenade permet d’agir vite, là où le risque se joue.

Quelques précautions complètent le geste. Évitez de saisir la tique à mains nues ou de la presser entre les ongles, car la pression favorise la régurgitation. Une fois retirée, vous pouvez l’éliminer en la plaçant dans un mouchoir avant de vous laver les mains. Si vous le souhaitez, conservez-la quelques jours dans un récipient fermé : en cas de signes ultérieurs, elle peut parfois aider au diagnostic. Notez enfin la date et l’endroit du retrait, car les maladies transmises se déclarent parfois à distance de la piqûre : ce repère temporel oriente utilement votre vétérinaire si une fièvre ou une fatigue inhabituelle survenait dans les semaines suivantes.

6 Et la maladie de Lyme ?

La maladie de Lyme, ou borréliose, est l’autre grande crainte liée aux tiques. Chez le chien, elle se manifeste souvent de façon plus discrète que la piroplasmose, et beaucoup de chiens exposés ne développent jamais de signes. Lorsqu’ils apparaissent, on retrouve des boiteries parfois changeantes, de la fièvre, une fatigue et une perte d’appétit, parfois à distance de la piqûre.

Comme pour les autres maladies transmises, la prévention repose sur le même trépied : antiparasitaire régulier, inspection après les sorties et retrait rapide. Devant une boiterie inexpliquée ou un abattement chez un chien exposé aux tiques, mieux vaut consulter et signaler la notion de piqûre, qui orientera le vétérinaire.

7 Comment prévenir les piqûres de tiques

La prévention repose d’abord sur un antiparasitaire adapté, sous forme orale, de pipette ou de collier, choisi avec votre vétérinaire selon le mode de vie, la région, le poids et les autres animaux. Certains produits couvrent à la fois les tiques et les puces, comme évoqué dans notre article sur les puces du chien.

À cela s’ajoutent des gestes simples : inspecter le pelage après chaque sortie à risque, en insistant sur la tête, les oreilles, le cou, l’aine et les espaces entre les doigts, et entretenir le jardin, herbe courte et débroussaillage, pour limiter les habitats favorables. La régularité de la prévention est déterminante : un traitement oublié ouvre une fenêtre de risque.

Le bon protocole dépend de votre chien et de votre environnement : un chien de chasse en zone à forte densité de tiques n’a pas les mêmes besoins qu’un chien de ville. C’est pourquoi le choix de la forme et du rythme se discute avec votre vétérinaire, qui tient compte de la région, de la saison, du poids et de la cohabitation avec d’autres animaux.

Aucune méthode n’est efficace à elle seule à cent pour cent. C’est l’association de la prévention, de l’inspection après les sorties et du retrait rapide qui offre la meilleure protection : chacune rattrape les limites des autres.

8 L’inspection du pelage : un réflexe à adopter

Aucun antiparasitaire ne dispense de regarder. Au retour d’une promenade en zone à risque, passez les mains sur tout le corps de votre chien, en insistant sur les endroits où la peau est fine : tête, contour et intérieur des oreilles, cou, poitrail, aine, aisselles et espaces entre les doigts. Une tique récemment fixée est petite et facile à manquer ; plus elle est retirée tôt, plus le risque de transmission diminue.

Cette inspection, qui ne prend que quelques minutes, est aussi un moment d’observation utile : elle permet de repérer une plaie, une rougeur ou un changement de la peau, et de réagir sans attendre.

Tiques chez le chien : maladies transmises, retrait et prévention

Bien regarder dans tous les plis au retour des promenades

9 Que noter et surveiller après le retrait

Une fois la tique retirée, notez la date et l’endroit du corps concerné : cette information aidera votre vétérinaire si des signes apparaissaient ensuite. Surveillez la zone, car une petite rougeur locale est fréquente, mais une réaction qui s’étend, un gonflement ou un écoulement justifie un avis.

Au-delà de la peau, c’est l’état général qu’il faut garder à l’œil dans les semaines suivantes, car les maladies transmises se déclarent parfois à distance de la piqûre. Dans le doute, mieux vaut consulter que d’attendre.

10 Quand consulter après une piqûre

Consultez si, dans les jours ou les semaines suivant une piqûre, votre chien présente de la fièvre, de l’abattement, une perte d’appétit, des urines foncées, une boiterie, un gonflement articulaire ou des gencives pâles. Une consultation s’impose aussi si vous n’avez pas réussi à retirer la tête, ou si la zone s’infecte. Signalez toujours au vétérinaire une piqûre récente : cette information oriente le diagnostic.

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