Animaux « allergiques » à l’alimentation : Comment les aider au quotidien?

Et oui, tous comme nous, nos chiens et chats peuvent aussi être allergiques à un ou plusieurs aliments ! Mais s’agit-il toujours d’une « allergie » ?

L’hypersensibilité alimentaire est définie comme toute réaction anormale provoquée par l’ingestion d’un aliment qui, usuellement, ne provoque pas de réaction néfaste. Elle peut être immunologique (allergie alimentaire) ou non immunologique (intolérance alimentaire).

La prévalence est estimée à 15-20 % des chiens et des chats présentant un prurit. L’âge d’apparition est très variable, de quelques mois à plus de 15 ans. Il n’y a pas de prédisposition de sexe ni de race.

A savoir que votre animal (comme l’homme également) peut développer une hypersensibilité alimentaire alors qu’il mange le même aliment depuis plusieurs mois, voire plusieurs années : on ne naît pas allergique, on le devient…

Toute protéine animale ou végétale peut être responsable d’une hypersensibilité alimentaire, cependant les allergènes les plus fréquemment impliqués sont :

  • chez le Chien : bœuf (36%), produits laitiers (28%), poulet (10%), agneau (9%), blé (8%), plus rarement soja, maïs, œuf, porc, poisson, riz
  • chez le Chat : bœuf (18%), poisson (17%), poulet (5%), moins de 5% pour blé, maïs, produits laitiers ou agneau

D’un point de vue clinique l’hypersensibilité alimentaire se traduit par

  • des signes cutanés: prurit persistant toute l’année (démangeaisons) et lésions de la peau généralisées ou localisées à la face, les oreilles, les pattes et l’abdomen (rougeurs, dépilations, croûtes…)
  • des otites externes très fréquentes
  • parfois, des signes digestifs: vomissements, diarrhée ou selles molles, mais aussi augmentation de la fréquence des selles, flatulences

Le prurit et les lésions observées lors d’hypersensibilité alimentaire sont très similaires à celles observées lors de dermatite atopique liée à une hypersensibilité aux allergènes environnementaux(acariens, pollens) : seule une démarche diagnostique rigoureuse de la part de votre vétérinaire permet donc de les différencier, et de pouvoir mettre en place un traitement adéquat.

 

Le diagnostic d’une allergie alimentaire repose sur la mise en place d’un régime d’éviction/provocation.

  • Qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit de remplacer l’alimentation habituelle de votre animal par des aliments « exotiques », qu’il n’a jamais consommés auparavant, et contre lesquels il ne devrait pas être sensibilisé.

  • Comment choisir le bon aliment ?

Un régime industriel ou ménager peut être proposé par votre vétérinaire, prenant en compte à la fois les préférences de votre animal et aussi la facilité d’administration pour vous.

Une analyse sérologique de laboratoire (méthode Western blot) est depuis peu disponible : elle ne permet pas d’objectiver l’allergie, mais peut orienter le choix des aliments à utiliser pour le régime d’éviction.

En pratique, cette analyse permet de mettre en évidence les aliments contre lesquels l’animal est sensibilisé (qui seront donc à exclure de son alimentation) et ceux contre lesquels il n’est pas sensibilisé (et qui pourrons par conséquent être conseillés dans le cadre du régime d’éviction ou pour son alimentation au long cours).

  • Comment faire dans la pratique?

Une fois le bon aliment choisi, il est impératif de comprendre que, pendant le régime d’éviction, vous devrez proscrire tout autre aliment, friandise, complément, médicament appètent…

Cette « règle » devra être expliquée et respectée par toute la famille, afin d’éviter tout écart qui pourrait compromettre la bonne réussite de la démarche diagnostique.

Aussi, il ne faut pas oublier que les chiens et surtout les chats qui sortent aiment chasser, et parfois se nourrir chez les voisins ! Pour une bonne conduite du régime d’éviction, il sera donc judicieux de contrôler les sorties et les apports de nourriture « extérieurs ».

  • Pour combien de temps ?

Le régime d’éviction dure entre 6 et 8 semaines, et il est indispensable en cas d’amélioration des signes cliniques de réaliser une « épreuve de provocation » (on réintroduit l’aliment habituel de l’animal pendant 1 à 2 semaines) afin de confirmer le diagnostic (ou de l’exclure) et de déterminer le(s) aliment(s) en cause.

Comme pour toute maladie chronique, l’allergie alimentaire de son animal peut être difficile à comprendre, à accepter et à gérer pour vous, et il est normal  parfois de se sentir «découragé » face à la perspective d’un traitement à vie.

C’est pourquoi un accompagnement personnalisé et les conseils avisés de votre  vétérinaire et de son équipe sont essentiels pour garantir une prise en charge et un suivi optimal de votre animal.